Le prince du Gabon : le Cap Lopez

Passés trois à quatre jours, les alevins acceptent des nauplies d’artémia. Avec cette technique d’éle­vage, il convient de distribuer des nauplies dès l’apparition des pre­miers alevins, en plus des repas des géniteurs. En général, les alevins Cap Lopez ne se dévorent pas entre eux et les adultes ne se régalent pas des alevins. En utilisant cette tech­nique, les poissons obtenus ne sont pas nombreux – mais très robustes et la croissance demeure plus lente par rapport à celle d’alevins élevés dans un bac spécifique. Il est possible de collecter les ale­vins au fur et à mesure des éclosions et de les transférer dans de petits bacs de grossissement d’une capa­cité de deux litres. Au début de l’éle­vage, la hauteur d’eau ne doit pas dépasser 2 cm afin de concentrer au maximum la nourriture. Durant les trois premiers jours, celle-ci est constituée de microplancton obtenu par la germination du riz paddy.
Ensuite, les nauplies d’artémias prennent le relais. Un beau planorbe en plus d’un siphonnage quotidien des déchets, suivi d’un complément d’eau du bac parental, permet de maintenir les alevins dans un bon état sanitaire. Le  risque majeur de ce grossissement en petit bac est une pollution très rapide du milieu si la nourriture est distribuée en excès et si les déchets ne sont pas évacués. Progressivement, le niveau d’eau est élevé jusqu’à atteindre sa hauteur maximale. Les alevins peu­vent y demeurer jusqu’à la taille de 5 mm, après quoi ils sont transférés dans un aquarium de grossisse­ment classique.

Un biotope particulier

Le cap Lopez est situé à la pointe de l’île Mandji, dans le delta de l’Ogooué, au Gabon. S’enfonçant dans l’océan atlantique, c’est le point le plus occidental de la côte gabonaise et la limite méridionale du golfe de Guinée. Découvert par un marin portugais qui lui donna son nom vers 1480, lieu de commerce des esclaves aux XVIIIe et XIXe siècles, le cap Lopez se situe dans la province de l’Ogooué-Maritime.

C’est d’Afrique de l’Ouest, plus précisément du Gabon et du Congo, qu’est originaire A. aus­trale. On le trouve aussi dans l’enclave Cabinda de l’Angola et dans l’Ouest du Zaïre. Il habi­te des marécages et des zones inondées bordant les marigots et rivières côtiers. Le niveau de l’eau varie au cours de l’année selon la pluviométrie. La forêt équatoriale dense obscur­cit le milieu. Un lit de feuilles et de bois mort charge l’eau en acides tanniques et lui donne couleur ambrée. Des valeurs extrêmes peuvent être mesurées : un pH inférieur à 5,0, une dureté pratiquement nulle. Si les biotopes sont toujours situés non loin de la côte atlantique, Aptiyosemion awfra/e n’en est pas pour autant un poisson d’eau saumâtre. Il vit caché près des berges, entre les racines d’arbres, sous les feuilles mortes ou dans le fouillis i

plantes bordant la rive et retombant dans l’eau. Souvent, la profondeur n’excède pas 10 cm. Il faut donc essayer de recréer ces conditions particulières dans l’aquarium de maintenan­ce, sachant qu’Aphyosemion australe,  robuste, saura s’adapter si certains paramètres diffèrent quelque  peu.

Crédit photos: http://4tropical-fish.com/

Bibilographie :

  • Serge Pierret (Prince des Killies – Aquarium Magazine N°187 – Décembre 2001)
  • Olivier Buisson (Le Cap Lopez  – Aqua Plaisir N°49 – Septembre 2000)
Pages: 1 2 3 4 5 6

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1 Response

  1. Zanga dit :

    Merci pour la richesse des informations et les conseils.

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