Reproduction d’un petit diamant

En 2005, je recevais un couple de Laetacara curviceps sauvage par François F. en provenance direct du Brésil, via Igarape, importateur français de poissons sauvages, bien connu. Fait remarquable, comme chez beaucoup de poissons sauvages, il est très actif et vif . Ici pas de comportement anormaux comme chez certain individus d’élevage.

Un siècle de succès (sa premiè­re importation en Europe date de 1909), le curviceps reste encore populaire à l’heure actuelle.

Ce cichlidé d’une dizaine de centimètres est originaire d’Amérique du Sud. Il est l’un des cichlidés nains le plus facile à multiplier. Ce poisson est assez timide, et appréciera un aquarium bien planté, pourvu de cachettes où il révélera la splendeur de ses couleurs tel un joyau.

D’après les renseignements connus des explorateurs et des ichtyologistes, le curviceps apparaît au Brésil, de chaque côté du fleuve Amazone. Il vit dans des eaux calmes près des berges, et se cache dans les herbes aquatiques. A ces endroits, des plantes des bords pendent dans l’eau, des racines et des bois morts forment des zones de protection. Le Scandinave Sven 0. Kullander l’a rencontré plus particulièrement dans les bassins des rios Xingu et Tapajôs. Il vit dans des petits ruisseaux d’eaux résiduelles des grands fleuves, ainsi que des marais.

Belle femelle F2 (Souche Igarape - photo Ben29X)

Suivant la période, ces cours d’eau ont une profondeur de 20 à 110 cm. Leur couleur varie du vert au jaune verdâtre. Après les chutes de pluie, l’eau, de propre et claire, devient trouble et brun clair.
Elle est très douce (T.H inférieur à 2 °f) et un pH très acide compris entre 5 et 6. La température de surface avoisine les 23 °C. Dans ce milieu, il côtoie Apistogramma agassizii, A. pertensis, Taeniacara candidi et Crenicara maculata. et des Locaridés.
La végétation est principalement composée de nénuphars et de jacinthes d’eau. La couverture dense de ces plantes aux grandes feuilles robustes occupe une épaisseur de 20 à 30 cm. Sous ce tapis, se trouve un espace libre, sans plantes, que la lumière atteint difficilement. Le fond est constitué en grande partie de vase et de matières végétales en décomposition.

Il respecte assez bien les plantes, sauf les jeunes pousses de certaines plantes. D’ailleurs si vous avez un bac infesté par Lemna minor (la fameuse lentille d’eau), ils vous feront une joie de vous en débarrasser. Ils vivent très bien en couple ou en groupe.

Descriptif

Alors même s’il est appelé l’Acara drapeau (Flag Acara -Nom commun un peu péjoratif), ce cichlidé nain n’est-il pas un joli diamant ?  Exception faite pour la tête, son corps ressemble à celui des autres Cichlidés. Toutefois, la forme est moins élevée et plus élancée que chez d’autres espèces similaires.

C’est un poisson de petite taille, robuste, et très coloré. La partie supérieure du corps est vert olive tandis que le dessous de l’animal est agrémenté d’une très jolie coloration d’un bleu métallique.

Quelques vermiculures rouges sont disposées autour de l’œil. Il porte une bande latérale sombre allant jusqu’à la queue, il est plus élancé que les autres espèces et sa coloration bleu turquoise de la partie inférieure du corps est typique de l’espèce.

Les sexes ne se discernent pas tou­jours nettement. Le dimorphisme sexuel est assez apparent à l’état adulte. La femelle reste plus petite, avec 6 cm, alors que le mâle atteint 8 cm.  Le mâle a les nageoires anales et surtout dorsale étirées, et il est d’aspect plus allongé (photo d’entête). La femelle est souvent parsemée de points rouges. L’iris doré se colore de rouge dans sa partie supérieure. Elle possède des nageoires ventrales plus courtes, et générale­ment une tache dorsale plus grande, parfois du double.

Ce joli petit cichlidé sauvage n’est pas difficile à nourrir, il a même bon appétit. Il adore aussi bien les nourritures sèches que la nourriture congelée et les proies vivantes.

Mise en place du bac

Décors

Curviceps bien à l’abri dans une demi noix de cocoLa maintenance du curviceps se passe sans problème lorsqu’on prend en considération les observa­tions en milieu naturel. La taille de l’aquarium peut être peti­te à moyenne. Mais pour que cette espèce s’épanouisse pleinement, il lui faut un bac spacieux : 80 à 100 cm de longueur pour un ou deux couples.
Ils s’attaquent occasionnellement aux plantes, tout en causant peu de dégâts. Des zones denses de pro­tection constituées de plantes sont offertes. Une végétation de surface assure une lumière diffuse : les Ceratopteris sont parfaits, pour celà. Sinon, ces poissons restent craintifs et ternes. Dans l’agencement, des petites cavernes de roches, des abris en racines de tourbière ou des demi-noix de coco offrent de nombreuses possibilités de refuge.

Paramètres physico-chimiques

Curieusement, le curviceps ne montre pas de grandes exigences sur le type d’eau. Il reste préférable d’utiliser une eau proche de la neu­tralité :

  • pH : acide à neutre (6.7 à 7.5)
  • Dureté  : 12°F, maxi. 18 °f en maintenance
  • Température : 25 à 30 °C

Il apprécie une eau très propre. Et c’est la priorité pour la réussite de sa maintenance. En cas de forte teneur en nitrates, ce poisson est prédisposé aux infec­tions parasitaires intestinales, à l’exophtalmie, à l’hydropisie et à la maladie dite « des trous dans la tête ». Mais ne vous inquiétez pas. Ces quelques risques de santé impli­quent un changement régulier d’un tiers de la contenance du bac tous les 15 jours, ou la mise en place d’un goutte-à-goutte. Après, vous serez tranquille.

Cohabitation

En dehors des périodes de repro­duction, le curviceps est paisible et timide, et facile à tenir en bac d’ensemble. La compagnie d’autres petites espèces le rend moins peu­reux. Il est souhaitable de le maintenir en compagnie d’autres petits Cichlidés comme les Apistogramma et d’y ajouter une demi-douzaine de Characidés d’une espèce calme.

Il fréquente surtout le fond. Bien qu’assez calme, il sait faire res­pecter son territoire par plus gros que lui. Il raccompagne le voisin indésirable à ses frontières imagi­naires. Ce Cichlidé fait de même à l’égard de ses congénères. Mais il est rare que l’agressivité envers les siens - et notamment les poissons dominés – devienne dangereuse. Dans un bac trop exigu, les indivi­dus isolés présentent un patron de stress permanent et sont pourchas­sés. Dans un bac spécifique, deux couples offrent un spectacle fasci­nant. En général, l’un des deux est dominant et s’approprie les 3/4 du bac.

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