Reproduction
Si les partenaires communiquent par des frémissements de la tête et du corps, et si le couple réalise des travaux de terrassement dans le sable, la ponte est imminente. Mais il ne suffit pas de leur fournir de très bonnes conditions physico-chimiques. Là, une faible minéralisation est indispensable. Une eau très douce, d’un T.H. ne dépassant pas si possible 5 à 8 °f, ainsi qu’un pH acide, aux alentours de 6, permettent le développement des œufs.
Il est important également d’élever la température. Si, pour la maintenance, 25-26 °C sont suffisants, 1 à 2 °C de plus sont nécessaires pour le frai. Pour une formation de couple stable, les partenaires doivent se choisir parmi un groupe de 5 à 6 individus. Le couple une fois formé aura tendance à rester uni très longtemps. Ainsi, s’ils s’entendent bien, ils peuvent être transférés dans un bac de ponte de 60 à 80 litres, avec des tronçons de pots de fleurs, des pierres plates et des plantes.
Ponte
Une parade intensive de 3 à 4 jours précède la ponte : attouchements buccaux de la femelle sur les flancs de son compagnon, qui répond pardes postures en « S » et des tressaillements de la tête. Au moment de la ponte, la papille génitale de la femelle est cylindrique et mesure 3 mm. Celle du mâle est crochue.
Il est préférable d’assurer un eau avec Th le moins élevé possible vers 8ºF, un pH au alentour de 6, une température à 27-28ºC.
Le couple commence à nettoyer une pierre ou tout autre support incliné, choisi de préférence dans un endroit abrité par les plantes. Les œufs sont pondus en ligne distincte, sur une zone arrondie d’un diamètre d’environ 3 cm. Les oeufs sont alignés, sans chevauchement, en rangées et fécondés au fur et à mesure. 200 œufs sont ainsi déposés.
Le couple a souvent l’habitude de manger ses premières pontes. Mais très vite tout rentre dans l’ordre, et il veille consciencieusement sur les pontes suivantes…
Naissance et croissance
Après l’éclosion, qui se produit en deux jours, les nouveaux-nés sont transférés dans différentes cuvettes creusées dans le sol par les parents. L’un d’eux, en principe la femelle, se place au-dessus du cratère.
La distribution des rôles n’est pas vraiment élucidée. Tantôt la femelle domine auprès du frai, et le mâle défend le territoire. Tantôt le mâle semble plus actif, et la femelle se charge de la sécurité des alentours.
A l’aide des nageoires pectorales, elle (ou lui) assure un courant. Parfois, des détritus recouvrent les alevins, sans doute pour les protéger.
Dès la nage libre, 5 jours plus tard, les jeunes forment un banc de 8 à 10 cm de diamètre. Ils mesurent 4 mm. Pendant cette période, la femelle revêt une robe très sombre. Pour le plaisir, pas en signe de deuil…
Dès le début, les alevins acceptent des nauplies d’artémia. Les parents prodiguent des soins attentifs aux jeunes pendant 2 ou 3 semaines.
Les rejetons qui s’aventurent au dehors sont repris en bouche et projetés au milieu de l’essaim. Pas de brebis égarées ! Les parents commencent alors à défendre un territoire plus important, 35 à 40 cm de diamètre à peu près.
Les jeunes atteignent 2 cm après deux mois 1/2, et 3 cm à 4 mois et demi. Une nourriture variée et une bonne qualité de l’eau assurent une croissance saine. Toutefois – comme généralement pour tous les alevins -, éviter la modification brusque des conditions physico-chimiques de l’eau, surtout les premières semaines.
A 6 mois, ils mesurent 5 cm, et sont en mesure d’assurer leur pérennité.
Bibliographie :
The kribs – Annie et Alain Sageret « Laetacara curviceps ou … l’esprit de Famille » (Aquarium Magazine N°100 – juillet 2004)

