Le prince du Gabon : le Cap Lopez

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Les premiers spécimens d’A. aus­trale sont originaires du Delta de l’Ogooué, près du Cap Lopez, au Gabon, d’où le surnom de ce pois­son. Plus tard, d’autres localisations sont découvertes dans ce pays (Cap Esterias) puis au Congo (Pointe Noire, Mayumba) au Zaïre et dans l’enclave du Cabinda.

L’essentiel des points de pêche se trouve à proximité du littoral.Toutes ces populations dif­fèrent plus ou moins largement par leur patron de coloration ou par la couleur de fond du corps, le plus sou­vent brun-chocolat. Dans ses contrées d’origine, Aphyosemion australe est un killi présent dans plusieurs types de biotopes, tous forestiers : petites et très petites mares à fond vaseux envahies de feuilles mortes (parfois guère plus grandes qu’une cuvette), simples trous d’eau, voire des empreintes d’éléphants ou plus prosaïquement, des ornières laissées par des véhi­cules… On le trouve également dans les zones de débordement des mari­gots (en Afrique = petits ruisseaux) dont l’eau très faiblement minérali­sée et de couleur ambrée n’excède pas 15 cm de profondeur.

Cette teinte est due à la présence de nombreux bois et feuilles mortes qui dégagent de l’acide tannique. Dans d’autres biotopes, l’eau est très chargée en matières organiques mais toujours peu minéralisée. Le pH de ces milieux demeure le plus souvent inférieur à 6 et leTH. pratiquement nul. Aphyosemion australe "Orange" male (photo a_australe sur Flickr)La température de l’eau reste « fraîche » pour ces latitudes, de 22 à 24° C, car la majorité des lieux de vie d’A. australe se situe sous un couvert forestier, ce qui évite une trop grande insolation des points d’eau.

Le plus souvent, les eaux qui abritent les Cap Lopez sont dépourvus de plantes immergées. La végétation se résume à celle des berges dont le feuillage procure un ombrage qui limite la température du milieu aqua­tique. D’autres poissons sont  sympathiques d’A. australe. Dans les zones les plus stagnantes, il vit en compagnie de Ctenopoma ansorgei, un Belontiidé. Dans les zones plus dégagées ou plus courantes, il côtoie des poissons du genre Neolebias et Hemichromis ou d’autres killies des genres Aphyosemion et Epiplatys, cachés sous les feuilles mortes ou dans les plantes retombantes.

Quatre populations

Jusqu’à présent, Aphyosemion aus­trale est représenté par quatre popu­lations. Trois d’entre elles se diffé­rencient surtout par une implantation différente des ponctuations et réticulations rouges sur un corps variant du jaune orangé au brun chocolat. Il s’agit des populations Mayumba, Port Gentil (= Cap Lopez) et Yombo River. La quatrième population se remarque par rapport aux autres à la couleur bleu-vert du corps et à l’implantation plus régulière de la ponctuation rouge qui vient forme d’une série de lignes discontinues. Le phénotype sauvage mâle est poisson cylindrique d’une taille atteignant   les   cinq   centimètres,   a nageoires implantées dans la pai postérieure du corps. Celui-ci est couleur jaune orangé à brun-chocolat, suivant l’humeur et le degré d’t citation du poisson.

La région operculaire présente trois lignes oblique formées   par   la   juxtaposition   de points rouges. La mâchoire inférieure est soulignée d’un trait de même co< leur tandis que le reste de la région buccale et la région céphalique la« sent apparaître la couleur de fond.

Les flancs sont marqués de quatre cinq rangées irrégulières et discontinues de ponctuations rouges. Les nageoires anale et dorsale son implantées en symétrie. La première est brune orangée, soulignée d’un* bande marginale rouge elle-même rehaussée d’une « flamme » blanche oblique chez les sujets adultes. La dorsale,   plus   fine,   présente   les mêmes  caractéristiques.  Quelques points rouges épars sont implantés sur les rayons épineux. Ces nageoires sont sans cesse en mouvement telles des ailes de colibris ! Les nageoires pectorales et ventrales sont orange diaphane. La nageoire caudale est remarquable par sa forme en lyre et par les couleurs qu’elle arbore. La partie médiane de la couleur du corps est ponctuée de mouchetures rouges. Symétriquement,   elle   est   bordée.

II faut reconnaître qu’Aphyosemion australe est un poisson frustrant en ce qui concerne sa reproduction. Il est en effet courant qu’un couple qui pond une dizaine d’ceufs par jour arrête brus­quement de pondre pour une période de quelques mois et reprenne ensuite une phase reproductive normale. Cer­tains aquariophiles aguerris essuient des échecs avec ce poisson alors qu’ils réussissent avec d’autres espèces répu­tées plus délicates. L’une des causes est l’appétit des femelles australe pour leurs œufs.

Pour mener à bien la reproduction du Cap Lopez, la solution la plus ration­nelle consiste à séparer les géniteurs puis à les réunir uniquement pour l’ac­couplement. Une séparation d’une quinzaine de jours permet de bien conditionner les géniteurs en les nour­rissant exclusivement de proies vivantes. Dès que la femelle arbore un ventre rebondi, la phase reproductive peut débuter. Pour cela, elle va rejoindre le mâle préalablement installé dans un petit bac d’une dizaine de litres. Cet aquarium est nu et ne doit comporter, en plus d’un éventuel com­biné chauffant, qu’un mop flottant aux brins suffisamment longs pour traîner sur le sol.Killly Le Cap Lopez

Contrairement à ce qui est souvent écrit, il est préférable d’utiliser un couple. Dans un trio, la femelle inactive consomme aussitôt les œufs pondus par le couple. La ponte débute générale­ment dans les cinq minutes qui suivent la réunion du couple. Après une demi-heure – délai suffisant pour que la femelle ponde tous ses œufs mûrs – le mop est retiré. Il peut être installé dans un bac d’éclosion qui réunit tous les mops. Les alevins sont alors prélevés au fur et à mesure des éclosions. Une autre solution consiste à patienter une heure, le temps que la membrane des œufs durcisse, et de les prélever pour incubation dans une boîte remplie de tourbe. Placés à une température d’environ 24° C, ils incubent en trois semaines et peuvent alors être mis en éclosion (Voir Aquarium Magazine numéro 179, reproduction des killies non annuels).

Après la ponte, la femelle est retirée et une autre peut être pré­sentée au mâle dès le lendemain pour un nouveau « mariage ». Cette technique de reproduction permet d’obtenir des alevins de taille homogène, ce qui pré­sente l’avantage de mener l’élevage des australe d’une manière plus rationnelle. Le premier mois, la croissance des ale­vins est lente puis elle s’accélère dès la cinquième semaine. A deux mois, les mâles se colorent et atteignent en six mois leur maturité sexuelle. Si malgré toutes les techniques utilisées A. autrale refuse de pondre, un chan­gement des paramètres physico-chi­miques de l’eau peut être tenté, avec prudence. Une variation de la température peut également avoir un effet bénéfique sur la ponte ainsi qu’une baisse de la luminosité ambiante.

d’une bande rouge et d’un feston orange. Les pointes de la lyre sont blanches. Avec l’âge, elles s’allon­gent et des filaments, également blancs, apparaissent sur la partie médiane de la queue. Quelquefois, la queue devient même trilobée. Les femelles de ce phénotype ainsi que de toutes les populations se res­semblent énormément. Elles sont de couleur brun-clair, au corps irrégu­lièrement parsemé de points rouges isolés. Les nageoires sont rondes et peu développées. Elles sont plus petites – d’environ un centimètre -que leurs compagnons.

Élevage à succès

Les australe du commerce sont issus d’un élevage en pisciculture – il s’agit d’un des rares killies qui fait l’objet d’un élevage à grande échelle – et sont souvent assez éloignés du phé­notype sauvage. Les puristes déplo­rent la chose mais ce type d’élevage a permis de développer plusieurs souches d’aquarium. La première est appelée « chocolat » et met en valeur une couleur brun chocolat plus ou moins intense du corps.

Dans les années 50, une mutation est apparue chez M. Hjerresen, un éle­veur d’Outre-Rhin. Celle-ci a donné naissance à la somptueuse souche dite « orange ». Les australe de cette variété sont magnifiques : le corps est totalement orange, parsemé de quelques rares points noirs et de trois courtes lignes obliques, de même couleur, sur les opercules. Dorsale et anale sont festonnées de rouge et soulignées de blanc, un plai­sir pour les yeux… La caudale, sou­vent trilobée, est de couleur rouge en partie centrale. Une large bande orange soulignée de blanc l’encadre de chaque côté. La couleur orange de cette souche varie en intensité sui­vant les populations d’élevage. Pour quelques variétés, la couleur domi­nante se rapproche davantage du jaune que de l’orange, d’où l’appel­lation dite « gold ».

Une troisième mutation est apparue très récemment chez un eleveur sud-africain, M. Bellstedt. En rétrocroi-sant un spécimen de la souche orange avec un australe sauvage, une nouvelle variété a vu le jour. Il s’agit d’une souche sans ponctuation et totalement orange, hormis le liseré blanc des nageoires dorsale, anale et caudale. Elle a pour nom « Spot-less Bellstedt ».

Il est sociable

Il occupe les zones inférieures de l’aquarium. Les espèces se déplaçant dans les strates médiane et supérieure sont donc tout indiquées. Des poissons sociables, de taille modeste et peu farouches comme des tétras l’encourageront même à surmonter sa relative timidité. Inutile de s’encombrer de considérations géographiques si l’on héberge la variété orange qui n’existe pas à l’état sauvage.

Pour les adeptes du bac régional, il est possible de constituer une popu­lation entièrement originaire d’Afrique de l’Ouest, pour peu que l’on écume régulièrement les boutiques spécialisées pour trouver ces espèces peu courantes. Dans la nature, A. australe est susceptible de cohabiter avec des killies, des tétras, des barbus, des Anabantidés du genre Ctenopoma, des Cichlidés du genre Hemichromis, des silures du genre Clarias. Certains de ces poissons sont des prédateurs qui n’ont rien à faire en aquarium communautaire.

D’autres Aphyosemion peuvent être associés à A. australe mais il faut être extrêmement prudent dans leur choix. Les femelles du genre se ressemblent toutes et il est souvent impossible de les différencier. D’autre part, des hybrida­tions sont possibles. À titre indicatif, A. australe a été hybride avec Aphyosemion ahli,A. gardneri et A sjœstedti. Les hybrides obtenus ici étaient stériles mais pour ne pas prendre de risque, tout alevin apparu dans un bac d’ensemble contenant plusieurs espèces d’Âphyos doit être éliminé et ne jamais être diffusé. Les killies sont suffisamment beaux dans la nature pour qu’on ne s’amuse pas à créer des monstres ou des bêtes de cirque par de telles pratiques. A. australe vit dans certains biotopes en compagnie &A.striatum, A. microphtalmum et A. alpha.

Les deux derniers ne se trouvent en Europe que dans les associations spécialisées. A alpha est particulièrement difficile à élever. Par contre, Aphyosemion striatum aux rayures longitudinales bleues et rouges est facile à différencier, sociable et peut donc être associé sans risque à A. australe. A. bitaeniatum ou A. bivittatum, tous trois membres comme A. alpha du sous-genre Chromaphyosemion, mais originaires d’autres régions et beaucoup plus faciles à élever, peuvent le remplacer. Les femelles de ces espèces arborent deux rayures sombres qui les distinguent.

L’aquarium doit être suffisamment spacieux et offrir des cachettes aux femelles et mâles dominés. Les parades d’intimidation et poursuites peu­vent aboutir à quelques nageoires abîmées mais rien de grave. Les Epiplatys sont également des killies qui partagent les mêmes biotopes que fsAphyosemion mais y occupent une niche écologique différente : alors que les Aphyos vivent dissimulés sur le fond ou dans les plantes, les Epiplatys nagent à la surface, près des berges. Epiplatys singa, Epiplatys sexfasciatus cohabitent fréquemment à l’état sauvage avec A australe. On pourra les rem­placer par E. dageti, plus facile à trouver dans le commerce. Des Anabantidés africains comme Microctenopoma ansorgii ou M. nanum peuvent également être associés à cette population si le bac est suffisamment spacieux. Ce sont des constructeurs de nids de bulles comme les combattants mais leurs couleurs sont discrètes, sauf au moment des parades entre mâles.

Certains killies sont farouches ou inadaptés à la vie en aquarium com­munautaire. Ils nécessitent souvent un bac spécifique. C’est loin d’être le cas pour le cap Lopez. Hormis les sujets sauvages, Aphyosemion aus-fra/eestun poisson peu timide et qui parade volontiers sous le regard de l’aquariophile. Pour l’installer, inutile de mettre en œuvre des volumes d’eau très importants. Un bac d’une vingtaine de litres suffit pour deux couples (dans le commerce, les killies sont proposés par couple). Un aquarium de 50 I peuplé de dix aus­trale est un spectacle de toute beauté.
Dans la nature, ces killies vivent toujours à proximité du fond. Les spécimens actuels ont perdu ce comportement et nagent dans toutes les strates de l’aquarium,

La plupart des Cap Lopez peuplent des aquariums de ce type sans réelle difficulté. Ce killy accepte des tem­pératures qui s’échelonnent de 19 à 26° C. Une température supérieure sur de longues périodes conduit à des hécatombes chez ce poisson, comme chez la plupart des killies d’ailleurs. Maintenu à 24° C, il peut vivre jusqu’à deux ans, voire trois s’il est élevé aux alentours de 21° C. Les paramètres de l’eau utilisée ne doi­vent pas se situer dans les extrêmes, même si A. australe peut tolérer de l’eau relativement minéralisée. Mais dans ce cas, inutile d’espérer obte­nir le frai et de le voir au mieux de sa forme. A l’opposé, une minérali­sation trop faible favorise l’appari­tion de goitres chez cette espèce. Le mieux est de choisir une eau de T.H. voisin de 10° f et légèrement acide, pH situé entre 6,5 et 7.

Un renouvellement hebdomadaire de 10 à 15 % du volume du bac permet de main­tenir un bon équilibre biologique. Quel que soit le volume du bac retenu, un sol sombre est de rigueur pour mettre en valeur la robe des australe. Un couvercle hermétique est indispensable pour ces rois de l’évasion. Pensez également à obtu­rer le passage entre les fils et les tuyaux et le verre de couverture avec du perlon. L’espace libre est suffisant pour des escapades fatales. Si vous le pouvez, installez les Cap Lopez dans un aquarium densément planté, type hollandais. N’ayez crainte de ne plus apercevoir vos pensionnaires, ils se montrent très volontiers. Pensez simplement à doter le bac de plantes flottantes type Ceratopteris ou Limnobium, si la lumière est intense. En aquarium moins éclairé, des pieds de Bolbitis associés à de la mousse de Java et à des Anubias permettent de consti­tuer un décor agréable à l’œil et sécurisant pour ce killi.

Les relations intraspécifiques sont excellentes et les parades d’intimi­dations qui ne manquent pas de se produire ne sont suivies d’aucun accrochage sérieux. Le dominé s’en­fuit et revient parader peu de temps après. Dans ce contexte, des pontes ne tardent pas à se dérouler et le bac se retrouve peuplé d’australe de toutes tailles. Dans la nature, ces killies vivent dissimulés sous les feuilles mortes et toujours à proximité du fond. Les spécimens actuels ont perdu ce comportement au cours des générations et nagent dans toutes les strates de l’aquarium. La maintenance en bac communau­taire est possible.

Il faut simplement éviter de le mettre en présence d’es­pèces prédatrices ou de trop grande taille. Un aquarium régional d’Afrique de l’Ouest est également envisageable. Dans ce cas, il peut être associé à d’autres killies mais prudence si vous désirez repêcher les poissons pour les reproduire. Les femelles se ressemblent beaucoup et les hybridations sont possibles. La solution est de choisir des killies aux femelles dissemblables, tels Epipla-fys dageti ou A. bivittatum. Des Cichlidés du genre Pelvicachromiseï des Belontiidés du genre Ctenopoma sont tout indiqués pour un bac de ce type.

Bien que les sujets achetés dans le commerce acceptent les flocons et les fins granulés, les australe mar­quent une nette préférence pour le naturel et mieux, pour le vivant. Aucun Cap Lopez ne boude un ver de vase, un tubifex, une larve ct moustique ou encore un Grinda Toutes les proies vivantes sont goulûment avalées si elles sont de petites tailles. En revanche, la nour­riture d’origine végétale n’est pas acceptée. Inutile donc d’inscrire des épinards pochés au menu de nos pensionnaires ! A. australe n’a pas un appétit d’ogre et c’est pourquoi il faut veiller à effectuer plusieurs petites distributions plutôt qu’une seule trop abondante et alterner ali­ments riches et nourriture légère. Bien nourris, les australe se repro­duisent volontiers, y compris dans un bac d’ensemble.

Ponte en continu

Reproduire des australe (excepté certaines populations comme celle du Cap Esteria et les sujets sau­vages) est à la portée de tout aqua-riophile qui possède déjà une expé­rience avec les ovipares. Souvent, la reproduction de ce killi non annuel se déroule naturellement, sans inter­vention de l’aquariophile. Pour mener à bien cette reproduction naturelle, il est préférable de réunir quatre couples dans un aquarium d’une cinquantaine de litres.

Le sol, enrichi d’éléments nutritifs, est abondamment planté d’Egeria densa et de mousse de Java. Des tiges de Ceratophyllum sont lestées. Des plants de Ceratopteris ou de Limnobiuma que du Riccia pren­nent place en surface. Toutes ces plantes au feuillage fin sont des supports de ponte. Le Riccia héberge des micro-organismes nécessaires à l’alimentation des alevins nouvelle­ment éclos.

En général, dès qu’il est accoutumé à son nouvel environnement, A. aus­trale commence à parader pour atti­rer les femelles. Dès que l’une d’elles est consentante, il la guide vers un support choisi par lui et l’incite à se plaquer contre celui-ci en lui donnant de petits coups de tête. Ensuite, il vient se placer à ses côtés. Le corps des géniteurs s’arque, tressaille et la femelle dépose un œuf unique aus­sitôt fécondé par le mâle. Si la géni­trice est bien nourrie, elle pond quo­tidiennement plusieurs œufs légèrement ambrés qui s’accrochent au support par de minuscules fila­ments. Les géniteurs consomment quelquefois leurs œufs mais leur abondance et le touffu végétal per­mettent l’éclosion de nombreux ale­vins. Si la température est régulée à 24° C, les œufs (d’un millimètre de diamètre) éclosent douze à quinze jours après la ponte. Le premier repas est constitué des micro-orga­nismes produits par les touffes de Riccia.

Passés trois à quatre jours, les alevins acceptent des nauplies d’artémia. Avec cette technique d’éle­vage, il convient de distribuer des nauplies dès l’apparition des pre­miers alevins, en plus des repas des géniteurs. En général, les alevins Cap Lopez ne se dévorent pas entre eux et les adultes ne se régalent pas des alevins. En utilisant cette tech­nique, les poissons obtenus ne sont pas nombreux – mais très robustes et la croissance demeure plus lente par rapport à celle d’alevins élevés dans un bac spécifique. Il est possible de collecter les ale­vins au fur et à mesure des éclosions et de les transférer dans de petits bacs de grossissement d’une capa­cité de deux litres. Au début de l’éle­vage, la hauteur d’eau ne doit pas dépasser 2 cm afin de concentrer au maximum la nourriture.

Durant les trois premiers jours, celle-ci est constituée de microplancton obtenu par la germination du riz paddy.
Ensuite, les nauplies d’artémias prennent le relais. Un beau planorbe en plus d’un siphonnage quotidien des déchets, suivi d’un complément d’eau du bac parental, permet de maintenir les alevins dans un bon état sanitaire. Le  risque majeur de ce grossissement en petit bac est une pollution très rapide du milieu si la nourriture est distribuée en excès et si les déchets ne sont pas évacués. Progressivement, le niveau d’eau est élevé jusqu’à atteindre sa hauteur maximale. Les alevins peu­vent y demeurer jusqu’à la taille de 5 mm, après quoi ils sont transférés dans un aquarium de grossisse­ment classique.

Un biotope particulier

Le cap Lopez est situé à la pointe de l’île Mandji, dans le delta de l’Ogooué, au Gabon. S’enfonçant dans l’océan atlantique, c’est le point le plus occidental de la côte gabonaise et la limite méridionale du golfe de Guinée. Découvert par un marin portugais qui lui donna son nom vers 1480, lieu de commerce des esclaves aux XVIIIe et XIXe siècles, le cap Lopez se situe dans la province de l’Ogooué-Maritime.

C’est d’Afrique de l’Ouest, plus précisément du Gabon et du Congo, qu’est originaire A. aus­trale. On le trouve aussi dans l’enclave Cabinda de l’Angola et dans l’Ouest du Zaïre. Il habi­te des marécages et des zones inondées bordant les marigots et rivières côtiers. Le niveau de l’eau varie au cours de l’année selon la pluviométrie. La forêt équatoriale dense obscur­cit le milieu. Un lit de feuilles et de bois mort charge l’eau en acides tanniques et lui donne couleur ambrée.

Des valeurs extrêmes peuvent être mesurées : un pH inférieur à 5,0, une dureté pratiquement nulle. Si les biotopes sont toujours situés non loin de la côte atlantique, La Cap Lopez n’en est pas pour autant un poisson d’eau saumâtre. Il vit caché près des berges, entre les racines d’arbres, sous les feuilles mortes ou dans le fouillis des plantes bordant la rive et retombant dans l’eau.

Souvent, la profondeur n’excède pas 10 cm. Il faut donc essayer de recréer ces conditions particulières dans l’aquarium de maintenan­ce, sachant qu’Aphyosemion australe,  robuste, saura s’adapter si certains paramètres diffèrent quelque  peu.

Bibilographie & crédits

  • Serge Pierret (Prince des Killies – Aquarium Magazine N°187 – Décembre 2001)
  • Olivier Buisson (Le Cap Lopez  – Aqua Plaisir N°49 – Septembre 2000)
  • Crédit photos:  4tropical-fish.com – petshop-zoomania.com

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